À PROPOS DU PLAGIAT
Tiré du Code de conduite universitaire :
Commet une infraction, celle du plagiat, tout membre du corps étudiant qui :
(d) fait passer pour sienne dans une épreuve universitaire ou des travaux apparentés une idée ou l’expression d’une idée ou d’une œuvre d’autrui.
Partout dans le Code où le libellé d’une infraction suppose un acte conscient, cette infraction est de même réputée commise si l’auteur devait raisonnablement en avoir pris connaissance.
Les mises en garde contre le plagiat n’ont aucun secret pour vous. Vous savez évidemment qu’il est interdit d’acheter des dissertations ou de copier des tranches du devoir de votre ami. Vous savez aussi que vous serez taxé de plagiat si vous empruntez à des livres et articles ou même à des pages Web des passages entiers sans en faire explicitement mention. Bref, ce qu’on attend de vous, c’est une démonstration fondée sur une réflexion originale et non sur un amas d’idées d’emprunt. Et si vous vous demandiez comment bien référencer toutes les lectures que vous avez faites et toutes les idées dans votre esprit, la nécessité s’imposerait comme d’une évidence.
En effet, l’intérêt d’indiquer vos sources dans les épreuves universitaires n’est pas seulement d’éviter une convocation pénible au Bureau du doyen, mais d’apporter aussi la preuve que vous êtes au courant de ce qui se passe dans votre domaine d’études. C’est aussi se montrer courtois à l’égard des lecteurs qui souhaiteraient consulter eux-mêmes les documents que vous avez trouvés.
Cela ne veut pas dire que les questions afférentes au propriétaire des idées sont simples. Les différents systèmes de référence et les normes bibliographiques sont, il faut le reconnaître, déroutants. Mais le vrai défi est d’établir une relation entre vous, en tant que penseur, et les lectures que vous avez faites. Voici quelques questions courantes et des réponses de base :
1. Puis-je éviter les problèmes en indiquant toutes les sources dans la bibliographie? Non, vous devez incorporer les éléments bibliographiques dans vos propos, c’est-à-dire indiquer la référence dès que vous avancez telle ou telle idée, et pas seulement à la fin du paragraphe. Cela revient à nommer les auteurs (p. ex. X affirme que... et Y conteste ce que X avance...), puis à indiquer votre position. Les exemples dans le document ci-joint montrent des formulations possibles. Mais vous pouvez aussi consulter des articles de périodiques dans votre discipline pour vous trouver d’autres exemples pertinents.
2. Si j’exprime les idées dans mes propres mots, dois-je encore encombrer mon texte de référence? Désolé, mais vous devez le faire. Dans une épreuve universitaire, vous devez toujours rappeler les références (auteurs, pages et dates) pour montrer comment vos idées sont liées à celles des experts. C’est une bonne idée de vous exprimer librement parce que vous gagnez ainsi en concision et donnez ainsi à vos idées une expression harmonieuse. Mais si vous citez un passage entre guillemets, le paraphrasez ou en donnez un sommaire rapide, vous devez en indiquer tout de suite la source.
3. Et si je ne savais rien du sujet avant de commencer l’épreuve, dois-je faire accompagner tous mes arguments ou idées de références? Il est plus prudent de donner trop de références que d’en éliminer. Pour vous en tenir à l’essentiel. Évitez donc l’encombrement; vous pouvez préciser que certaines idées font partie du « savoir collectif », c’est-à-dire des acquis du domaine qui n’ont dons pas besoin d’être référencés, même si vous n’en prenez connaissance que dans le cadre de votre recherche. Tel est le cas des faits établis dans les ouvrages de référence standard, par exemple, la date de l’Armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale ou la population actuelle du Canada. C’est aussi le cas de l’information traitée en classe dans certaines disciplines ou des idées ou éléments d’appréciation couramment acceptés, par exemple que Picasso est un éminent peintre moderniste ou que le tabac nuit à la santé. En cas de doute, consultez le membre du corps professoral ou l’auxiliaire à l’enseignement pour savoir si telle idée fait partie ou non du savoir collectif.
4. Comment distinguer mes propres idées des idées d’emprunt? Pour commencer, il vous faudra prendre des notes avec soin, c’est-à-dire rattacher le nom et les dates à des idées particulières et résumer les points essentiels au fil de la lecture. Si vous notez une phrase ou expression que vous aimeriez citer, mettez-la entre guillemets pour vous rappeler qu’il s’agit bel et bien des propos de l’auteur. De même, au fil de vos lectures, faites un effort conscient pour dégager des rapports entre les idées, en particulier, les rapports contradictoires, et notez les questions ou vos propres réflexions. Si vous constatez que votre texte emprunte beaucoup à une source ou deux, revenez en arrière et consultez vos notes pour y trouver d’autres sources qui s’en démarquent, puis discutez de celles-ci et expliquez-les.
5. Que doit-on consigner au juste? Avec le temps et l’habitude, vous verrez bientôt dans la prose universitaire des constantes, c’est-à-dire la manière dont les auteurs ou spécialistes dans votre domaine incorporent leurs sources. Voici, à titre d’exemple, les moments où les références s’imposent :
a) Citations, paraphrases ou sommaires : Si vous reproduisez intégralement les propos d’un auteur, vous devez les placer entre guillemets ou en retrait d’au moins quatre lignes. Méfiez-vous aussi de longues citations, car elles ont peu d’intérêt. Dans une dissertation littéraire, vous ferez bien de vous limiter, ici et là, à quelques mots ou segments de phrase bien commentés. Ailleurs, les citations ne s’imposent vraiment que si elles recouvrent des propos mémorables. Dans la plupart des cas, vous pouvez résumer l’idée à discuter et dégager les points pertinents, en prenant soin d’indiquer votre source, même si vous n’utilisez pas les propos exacts de l’auteur. Comme le montrent les exemples ci-après, c’est souvent une bonne idée de mentionner le nom de l’auteur, car votre argumentation s’en trouve confortée et votre lecteur sait là où commence et s’arrête l’emprunt :
1. Comme l’affirme Morris dans The Human Zoo (1983), « nous pouvons toujours être sûrs que l’innovation audacieuse d’aujourd’hui sera la norme de demain » (p. 189) [système APA]
2. Dans son étude, Northrop Frye assimile la comédie à l’esprit du printemps qui, selon lui, symbolise le renouveau et l’intégration (Anatomy 163). La fin de la pièce The Tempest cadre bien avec cette image. [nouveau système MLA]
b) Idées reprises pour étayer votre argumentation ou interprétation : Dans ce contexte, il convient d’abord de déterminer si les idées en question font partie du « savoir collectif » (voir définition au point 3) et, dans l’affirmation, une référence ne sera pas nécessaire. Toutefois, si vous vous fondez sur les idées qui pourraient être contestées par d’autres, il vous faudra établir leur bien-fondé en citant les autorités à l’appui. En voici deux exemples :
1. En septembre 1914, plus de 1 300 escarmouches eurent lieu sur le front occidental.8 [note de fin de document / base de page classique]
2. Récemment, d’autres chercheurs (4,11,12) ont de même conclu que la chimiothérapie a très peu d’effet sur le pseudo-kyste pancréatique [note numérotée]
c) Idées non conventionnelles ou faisant autorité, que vous les partagiez ou non : Dans ce cas, et comme le montrent les exemples ci-après, la manière dont vous présentez la référence peut indiquer votre position et conforter votre argumentation :
1. En 1966, Ramsay Cook affirmait que le Canada connaissait une période d’instabilité (174). Si l’on adopte les mêmes critères, à savoir, les consultations électorales, l’incertitude sur le plan économique et la confusion quant aux orientations politiques, cette période n’est pas encore terminée. [nouveau système MLA]
2. Un contemporain (Von Daniken, 1970) soutient même que la Grande pyramide fut construite à des fins pratiques, celles de faciliter la navigation. [système APA]
Ce document, destiné à la distribution, a été préparé en 1998 par Margaret Procter, coordonnatrice du Service d’aide à la rédaction à l’Université de Toronto.
Ce document et plus de 100 autres figurent à
http://www.utoronto.ca/writing/plagsep.html .